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Manneken Pis

Cette petite fontaine représentant un enfant est le symbole de Bruxelles


Description générale

Le Manneken Pis est une petite statue en bronze de 55cm et demi qui sert de fontaine. Malgré sa petite taille, c'est l'un des monuments les plus connus de Belgique et probablement son symbole.

Le Manneken Pis

Le Manneken Pis

Ce qui fait de cette fontaine une œuvre originale est qu'elle représente un petit garçon nu en train d'uriner face au public, le jet servant de fontaine. Il est devenu le représentant de l'impertinence des belges, et aussi une source d'amusement sans fin de générations de touristes.

En pratique, "Manneken Pis" signifie "petit garçon qui urine", rien d'original là dedans. Il a un pendant féminin récent, la Jeanneke-Pis, une statue d'une petite fille urinant – évidemment – mais elle est très peu connue, hélas.

L'intérêt du Manneken Pis réside dans son histoire qui a traversé les siècles. Fondue en 1619 par Jérôme Duquesnoy l'Ancien sur les formes d'une statue datant du XVe siècle, elle est exposée à la vue du public depuis 4 siècles et sert de symbole de reconnaissance des belges. La statue représente un petit garçon. Il est potelé, avec une bonne bouille sympathique dont le visage frise l'attitude adulte. Il a un petit double-menton. Ses cheveux, abondants, sont très ondulés et on le devine blond, malgré le fait qu'il est impossible de savoir comment était le modèle qui a servi à sa fabrication. Il se tient le sexe par la main gauche, le Manneken Pis semble donc être gaucher.

Sur la statue proprement dite il n'y a pas grand-chose à dire de plus, si ce n'est mettre en avant la qualité du travail dans l'établissement du moule, le modèle est très réussi. C'est un bronze réalisé par moulage de bronze coulé en cire perdue, une technique qui consiste à faire un exemplaire de la statue en cire que l'on faire fondre une fois dans le moule. Le Manneken Pis est creux et pèse 17Kg.

Le jet part d'un petit tuyau métallique alimenté par l'arrière, via un autre tuyau hélas bien visible. On aurait aimé que l'alimentation de la fontaine se fasse par un moyen plus discret. La statue est posée sur un petit socle en bronze. Le bronze, c'est un alliage de cuivre et d'étain, une matière très utilisée, même de nos jours, pour le moulage de statues.


Le décor

Bien sûr ce qui fait la beauté du Manneken Pis n'est pas que la statue, c'est aussi le décor qui l'entoure. Ce décor a changé plusieurs fois depuis la création de la fontaine. Avant la création de cette statue il existait déjà une statue similaire, on en a une trace dans la documentation locale dès le milieu du XVe siècle. Elle servait à alimenter en eau la ville à une époque où l'eau courante n'était pas une évidence. Une canalisation passait donc dans les rues et passait à intervalles réguliers par des fontaines, moyens faciles de récupérer l'eau pour la population. Une statue d'enfant nu urinant fut créée et placée rue du Chêne. A cette époque elle était sur une colonne et son jet allait dans deux grands bassins rectangulaires que l'on imaginait être des sortes de lavoirs.

Les bassins furent détruits puis reconstruit lors de la mise en place de la nouvelle statue, en 1620, soit un an après sa commande, puis la colonne disparut en 1770 au profil d'un décor de rocailles venant d'une autre fontaine détruite. C'est ce décor que l'on voit de nos jours. Il est fait d'une stèle protectrice creusée légèrement d'une niche en berceau. La partie haute est en forme de coquille Saint Jacques, elle est séparée du reste par un liseré de pierre. La coquille Saint Jacques est elle-même décorée de quelques fleurs. Le mur protecteur abrite un socle aux formes arrondies, décorées de motifs végétaux stylisés tel qu'on les faisait à la fin du XVIIIe siècle. La statue est posée sur ce socle.

L'ensemble est placé dans un coin de rue et fermée par une lourde grille. Il n'y a pas de restrictions particulières pour la voir, il suffit d'aller sur place.


Ses tenues

Souvent, le visiteur est surpris de voir que le Manneken Pis est habillé ! C'est rare, mais c'est tout à fait normal, habiller cette statue est une tradition qui remonte à sa création. On peut même dire que les plus grands rois d'Europe lui ont offert des tenues. Parmi eux, le gouverneur-général Maximilien de Bavière (1695) ou le roi de France Louis XV (1747). Mais ces tenues restèrent peu utilisés jusqu'au début du XXe siècle.

Entre les deux guerres mondiales le mouvement d'accumulation des tenues commença à se faire. Au début de la seconde guerre mondiale, le Manneken Pis disposait de quelques dizaines de tenues, puis, après la guerre, il en reçut de plus en plus. Chaque année sa garde-robe augmente de plusieurs dizaines d'habits, et de nos jours il en possède plus de 1000 !

D'ailleurs initialement ces habits étaient exposés au musée de la ville de Bruxelles, mais comme ça prenait trop de place une nouvelle salle d'exposition a ouvert au 19 rue du Chêne, soit à deux pas de la statue. On y voit les principales tenues qu'il a, les plus emblématiques aussi, mais pas la totalité de la collection, ça demanderait trop de place.

Voici quelques exemples de tenues que le Manneken Pis a porté un jour. Dans l'ordre, ci-dessous, il est en tenue de la Confrérie de L'éléphant Rose, de bourgmestre des Lignages de Bruxelles, de père Noël et en habits de bulgare.

Manneken Pis

Manneken Pis

Manneken Pis

Manneken Pis

Manneken Pis

Manneken Pis

Manneken Pis

Manneken Pis

Quelques photos

Symbolisme

Le Manneken Pis est le symbole de la ville de Bruxelles, et plus généralement de la Belgique. En effet, si on ne devait garder qu'un seul monument par pays, sans nul doute cette petite fontaine serait celui choisi par la majorité des belges pour les représenter.

Mais de façon plus traditionnelle il représente aussi une certaine idée de l'indépendance, une tournure d'esprit qui penche vers l'impertinence et qui représente finalement assez bien ce peuple qui fut envahi la plupart du temps de son histoire, mais qui, de nos jours, est le siège de l'Europe. Belle revanche que le Manneken Pis semble symboliser en faisait à la vue de tous ce que tout le monde fait caché… Une impertinence propre aux belges qui se soucient peu des évènements qu'ils subissent, sachant qu'au final, ils seront toujours là où d'autres auront disparus.

Certains y voient aussi un symbole du sens de l'humour belge. On ne peut pas les en blamer, il y a dans le fait d'uriner en public une certaine forme d'humour que les spécialistes du peuple belge pourrait admettre.

Le Manneken Pis symbolise donc aussi, et surtout, la fierté des belges face au monde qui les entourent.

Histoire

Le Manneken Pis est une statue qui a été conçue en 1619 par Jérôme Duquesnoy l'Ancien (1570-1641), puis fondue et mise en place en 1620. Mais elle venait remplacer une autre statue identique bien plus ancienne, on peut donc considérer qu'elle entre dans l'histoire durant la première moitié du XVe siècle puisqu'on en a une trace en 1451 et 1452, dans des documents recensant les fontaines de la ville. Il y est fait mention d'un "Manneken Pis" sur du Chêne, juste avant le carrefour de la rue de l'Etuve, soit à peu près à son emplacement actuel. Elle est placée au sommet d'une colonne d'à peu près 1m20 de haut et son jet tombe dans deux grandes vasques rectangulaires. Nous savons son intérêt puisqu'il est d'ordre sanitaire : Durant le Moyen-âge l'eau courante n'existait que de façon publique, il fallait la récupérer dans des fontaines mises à disposition de la population. La ville était parcourue de canaux apportant l'eau claire des rivières proches, mais pour pouvoir récupérer l'eau facilement il fallait des fontaines, d'où la nécessité de les recenser. A cette époque, elle avait un rôle utilitaire important.

Quant à sa forme originale, elle vient directement de la tradition du Moyen-âge de manipuler l'irrévérence. Les carnavals étaient là pour ça, d'ailleurs, mais ce n'était que la partie visible et excessive de l'irrévérence, la vrai était dans les actes du quotidien et elle était très prégnante dans la société médiévale. Cette statue d'un enfant urinant face au public entrait dans ces représentations hautes en couleur.

De cette statue du XVe siècle, rien ne nous reste. Nous savons qu'elle était en pierre. Elle a été refaite à l'identique en 1620 et en bronze suite à une commande de l'année précédente pour remplacer la précédente. La ville demanda au sculpteur bruxellois Jérôme Duquesnoy de la refaire, ce qui fut fait, mis en place en 1620. Nous connaissons le coût du travail : 50 florins du Rhin. L'eau courant n'arrivant dans les habitations qu'à partir de la fin du XIXe siècle, son intérêt était identique à la fontaine précédente. Pour la mise en place on démolit la colonne et les bassins qui sont reconstruits de façon similaire. Mais il semble que ce soit temporairement car en 1697 on retrouve la fontaine à son emplacement actuel, soit à l'angle de la rue du Chêne et de l'étuve, quelques mètres plus loin que là où elle était.

En 1695 le gouverneur-général Maximilien-Emmanuel de Bavière offrit au Manneken Pis une tenue. Ce n'était pas la première fois que ça arrivait, mais c'est la première fois qu'un personnage de haut rang remettait symboliquement un habit à cette statue. On peut interpréter ça comme le fait qu'elle avait obtenu un statut de représentante de la population locale, ce qui sera confirmé plus tard par l'ajout d'habits, au fil des ans. D'ailleurs Louis XV offrit une tenue de gentilhomme. C'était un geste politique, le roi de France ayant tenté de récupérer la statue à son profit, il s'était attiré les foudres de la population et dû faire ce geste symbolique pour apaiser les esprits.

La forme de la fontaine évolue définitivement en 1770, année où elle perd ses deux bassins et sa colonne pour une stèle protectrice en forme de coquille Saint Jacques. Du haut de son nouveau perchoir, le petit garçon urine directement dans un caniveau, permettant à la population de récupérer l'eau, par exemple avec des seaux.

En 1817 le Manneken Pis fit l'objet d'un vol suivi d'une sérieuse dégradation. Il fut dérobé par un certain Antoine Licas qui, au cours de son vol, brisa la statue en 11 morceaux. Rattrapé, il fut sévèrement puni. Les morceaux furent récupérés et la statue put être reconstituée grace à l'habileté du sculpteur Gilles-Lambert Godecharle. Le socle en bronze que l'on voit actuellement date de cette réparation.

A partir du milieu du XIXe siècle l'eau courant commence à arriver dans les maisons, les immeubles. Le rôle des fontaines n'est plus aussi important qu'auparavant. On protège alors la fontaine par une lourde grille (au milieu du XIXe siècle), puis on construit une vasque en pierre bleu (à la fin du XIXe). Le Manneken Pis avait trouvé là son apparence définitive.

Mais ce n'est pas pour autant la fin de son histoire car si il n'y eut plus aucune motivation d'amélioration ou de changement quelconque à son sujet depuis la fin du XIXe siècle, il fut volé par plusieurs fois ! La dernière, en 1966, fut la fois de trop. On le retrouva rapidement mais brisé au niveau des chevilles. La municipalité la fit réparer mais au lieu de la remettre en place il en fit faire une copie à sa place. L'original est désormais au musée de la ville de Bruxelles, sur la Grand-Place. Donc le Manneken Pis présenté au public n'est donc qu'une copie de l'original.

Tourisme

Se rendre à Bruxelles

Impossible de se rendre à Bruxelles sans aller voir le Manneken Pis, ce serait comme aller à Paris sans voir la tour Eiffel. Et c'est d'autant plus indispensable qu'il se trouve à deux pas de la Grande-place, joyau de l'architecture bruxelloise. La visite de l'un ne va pas sans l'autre.

Il faut dire aussi que la capitale ne brille pas par le nombre de ses monuments. Son point fort, c'est indéniablement son architecture et ses musées de qualité, mais ce n'est pas à Bruxelles que l'on trouvera le plus de monuments à admirer. Bien sûr, ça ne signifie pas que la ville est inintéressante, au contraire : La gastronomie, la chaleur des habitants, le mode de vie – bien plus éloigné du mode de vie de ses voisins qu'on ne pourrait le croire – en font une ville unique où il fait bon se promener.


Tarifs

Gratuit, tout simplement. Le Manneken Pis est sur la voie publique, il n'y a aucune restriction à s'en approcher, et personne ne vous fera jamais payer pour le voir… à moins que vous n'achetiez les services d'un guide, mais dans ce cas c'est lui que vous rémunérez, pas la vision de la statue.


Formalités

Les ressortissants d'un pays membre de l'UE n'ont pas besoin de documents pour se rendre à Bruxelles. Toutefois depuis les attentats de 2015 il vaut mieux avoir sa carte d'identité à jour, voire son passeport si il n'est pas périmé depuis plus de 5 ans.


Quand aller sur place ?

Comme souvent pour visiter le printemps est une bonne saison, il y fait doux et ce n'est pas encore l'affluence de l'été. En plein été la chaleur n'est pas trop forte, on est plutôt dans le Nord de l'Europe. Mais même en hiver, la ville procurera son charme aux visiteurs. Bruxelles est une ville qui peut se visiter toute l'année.


Hébergements

En tant que capitale de la Belgique l'offre d'hébergements est pléthorique. On constate une légère baisse des prix en plein hiver, quand il y a moins de visiteurs, et en plein été, quand les fonctionnaires européens quitte la ville pour les congés.


Comment rejoindre la statue ?

A pieds, indéniablement, et uniquement à pieds. Elle se trouve à l'angle d'une rue piétonnière et d'une autre à sens unique, avec des places de parking le long des trottoirs. Y trouver une place relève du miracle, et de toutes façons la circulation à Bruxelles prend parfois des tournures infernales, surtout le long des autoroutes et autres voies rapides qui y mènent. Non, prendre la voiture pour visiter le centre-ville n'est pas une bonne idée, sauf à la garer dans un parking périphérique et s'y rendre en transport en commun.

A choisir, préférez toujours venir en transport en commun et loger dans la ville, c'est plus cher mais mis à part le fait que c'est plus agréable, vous ferez des économies de parking conséquents.


Que voir à proximité ?

La Grand Place de Bruxelles

La Grand Place de Bruxelles

La Grande-Place bien sûr ! Elle est réputée pour être l'une des plus jolies places du monde. Sa caractéristique principale est la richesse des bâtiments qui la bordent. Mis à part l'hôtel de ville et la maison du roi, qui sont en vis-à-vis (l'hôtel de ville au sud, la maison du roi au nord), on y découvre les différentes maisons des corporations, héritières des traditions ancestrales de la ville. C'est aussi un haut-lieu de l'histoire de la Belgique.

Les façades qui l'entourent sont typiques. Elles possèdent généralement un fronton et de larges fenêtres qui ouvrent l'intérieur du bâtiment sur la place, les fenêtres n'étant séparées que par des fines colonnes et – parfois – des balcons de taille réduites, voire de simples garde-fous. Les parties hautes des façades, là où se trouvent les frontons, sont de toutes beautés.

Au 19 rue du Chêne se trouve une salle d'exposition présentant les différents habits que peut prendre le Manneken Pis. Tout n'est pas exposé bien sûr, puisqu'il dispose de plus de 1000 tenues, mais vous y verrez les principales.

Le musée de la bande-dessinée est assez original, mais surtout typique de la Belgique. En effet, cet art trouve une grande partie de ses auteurs dans ce pays, et pour ne citer qu'eux, Hergé (Tintin), Peyo (Les Schtroumpfs), Franquin (Spirou, Gaston Lagaffe) étaient belges. Ce musée présente les différentes étapes de la création d'une bande dessinée et met l'accent sur les techniques utilisées. Vous y verrez aussi vos personnages favoris en taille réelle ! Ce musée servira utilement de point de départ à la visite des fresques murales de la ville, sur le thème de la BD, là aussi une vrai curiosité de la ville.

Sinon Bruxelles propose des visites de brasseries, une véritable institution dans cette ville qui a su mettre en valeur la boisson phare belge : la bière. Plusieurs brasseries offrent des visites de leurs locaux, avec explications et parcours de visite.

Enfin on ne saurait taire les différents musées d'art de la ville : Le MIMA ou musée des cultures urbaines, le musée des Beaux-arts, le musée Magritte, le fameux peintre a son musée ici car il vécut 25 ans à Bruxelles. On y voit différentes œuvres qu'il a peint, souvent à partir d'objets du quotidien.

En résumé...

Le Manneken Pis est une statue de Bruxelles qui représente un jeune garçon nu en train d'uriner, face au public. Il est le symbole de la Belgique de par le fait que le peuple belge s'est unifié à plusieurs reprises pour le conserver sur place, malgré les attaques dont il faisait l'objet. Il symbolise aussi l'impertinence des belges et – parfois – l'humour belge.

C'est une statue en bronze, creuse, de 55,5cm de haut pour 17Kg. Un jet d'eau symbolisant l'urine le transforme en fontaine. Il est visible de tous à l'angle des rues du Chêne et de l'Etuve, à 150m à peu près de la Grand-Place de Bruxelles. Elle est protégée par une structure en pierre datant de 1770 joliment décorée qui embellit la statue et par une grille de protection sur sa face avant.

Elle a été commandée en 1619 par la ville de Bruxelles pour remplacer une autre statue du XVe siècle, en pierre celle-là, qui avait probablement disparu. Elle fut faite par Jérôme Duquesnoy l'Ancien en 1620 et installé à deux pas de son emplacement actuel sur une colonne, en tant que fontaine publique. Déplacée en 1770, elle trône depuis dans ce même lieu. Elle fut volée à plusieurs reprises et dégradées deux fois. La première, en 1817, imposa une complète restauration. La seconde, en 1965, nécessita le recollage des jambes. Depuis 1966 elle est au musée de la ville de Bruxelles, dans la maison du roi (sur la Grand-place). La statue que l'on peut voir rue du Chêne est une copie.

Emplacement

Le Manneken Pis se trouve à Bruxelles, à l'angle des rues de l'étuve et du chêne. C'est là également que se termine la rue des Grands Carmes. Cette intersection se trouve dans l'hypercentre de la capitale de la Belgique.

Il s'agit de rues passantes et commerçantes, dont l'une est piétonnière. Pour s'y rendre, le mieux est de prendre comme point de départ la Grande-Place de Bruxelles, c'est le centre de la ville et un passage incontournable de toute visite dans cette ville.

De là, il faut prendre la rue Charles Buls sur une cinquantaine de mètres, elle mène à la rue de l'étuve qu'il faut ensuite suivre sur 150m seulement, on arrive à ce petit carrefour. Le Manneken Pis est à votre gauche. Impossible de le rater, mis à part en plein milieu de la nuit, il y a toujours une foule de promeneurs qui s'arrête devant.

La rue de l'Etuve est piétonnière, vous pouvez y marcher en sécurité, mais attention car une fois devant la statue vous serez aussi rue du Chêne, qui est roulante, elle. Ne restez pas au milieu de la route…


Anecdotes et curiosités

Le Manneken Pis que l'on voit à l'angle des rues du Chêne et de l'étuve est un faux ! Il s'agit d'une copie de l'œuvre originale, mis en place pour éviter les dégradations qu'elle pourrait subir, étant très exposée à la foule à toute heure de la journée. La statue originale se trouve au musée de la ville de Bruxelles, dans la maison du roi, situé sur la face Nord de la Grand-Place, à deux pas de là. Le remplacement a eu lieu en 1965.

Manneken Pis

Manneken Pis

Il est régulièrement habillé de tenues diverses. Ca aussi, c'est un fait. Parfois les visiteurs sont surpris de découvrir le Manneken Pis habillé, mais c'est normal, c'est une tradition ancestrale qui veut qu'il porte, certains jours, des habits correspondant à une occasion particulière… ou pas.

Il existe une copie du Manneken Pis à Grammont, une ville belge située dans la partie flamande du pays. C'est d'ailleurs une source de querelle pour savoir quelle ville possède le modèle original, car les dates ne apprennent que la statue de Bruxelles ne date que de 1619, mais qu'il existait un Manneken Pis à Bruxelles dès 1452, une statue aujourd'hui disparue. Or celle de Grammont date de 1459, donc on peut dire que la statue de Grammont est plus ancienne que celle de Bruxelles, mais que la statue originale vient bien de Bruxelles.

Il parait qu'en 1890 le Manneken Pis urinait du vin et de la bière ! Ce phénomène n'a rien de miraculeux, c'était juste une originalité qui eut lieu pendant une fête, à Bruxelles. Mais si cette idée n'a jamais été reprise par la suite, il existe de nombreux gadgets permettant de fixer une petite réplique de la statue au sommet d'une bouteille et de faire couler le liquide qu'elle contient que le fait le petit garçon !

Le Manneken Pis est gaucher ! C'est du moins la logique, puisqu'il tient son sexe par cette main. Ce fait n'est probablement pas anodin car, au début du XVIIe siècle, ce qui sortait de la norme était considéré comme négatif, un état de fait hérité du moyen-âge. Or, comme la majorité de la population est droitier, être gaucher était, à la base, suspect. Rendre le Manneken Pis gaucher renforce l'idée qu'il représente autre chose que la norme, l'idée simpliste et toute faite. Le Manneken Pis, c'est la différence, l'originalité, la volonté de bousculer l'ordre établi sous la forme d'un gamin des rues.

Le surnom de "petit Julien" que les bruxellois donne parfois au Manneken Pis est dû à une confusion entre elle et une autre statue du XIVe siècle, disparue depuis, et que l'on appelait "la fontaine du petit Julien".

Le socle de bronze est marqué des signes suivants : "1620 – REST 1817". Ça fait référence à sa date de fabrication (1620) et sa date de restauration (1817). Elle avait dû être restaurée car un voleur, qui se l'était accaparé, l'avait brisé en 11 morceaux. Restaurée, elle put rester sur place jusqu'en 1966, date de son transfert au musée.

Il existe un ordre des amis du Manneken Pis. Cet ordre, créé en 1954 et revu sous sa forme actuelle en 1985, assure l'épanouissement culturel et touristique de la Belgique à travers les traditions liées au Manneken Pis. Les membres de l'ordre, sévèrement sélectionnés, créent des manifestations de remises de tenues ou de célébrations d'anniversaire.


Titres

C'est surprenant, mais le Manneken Pis est titulaire de nombreux titres et distinctions. Ils lui ont été donnés au fil du temps, par les intervenants de l'histoire.

Le général Maximilien de Bavière le décora de ses ordres. Louis XV lui conféra la Croix de Saint-Louis et lui donna l'honneur de porter l'épée. Il lui offrit pour cette occasion une tenue de gentilhomme, et obligea les militaires à lui rendre le respect en le faisant saluer, comme si il était un officier supérieur. En 1789 il reçut la cocarde de Brabant. Napoléon, empereur des français, lui donna le titre de "chambellan", un titre de serviteur de la chambre du roi ou d'un prince.

Plus curieusement, le Manneken Pis fut le titulaire de dons et de legs. On trouve ainsi une trace d'une dame de Bruxelles qui lui légua 1000 florins par testament. A la fin du XIXe siècle une personne était chargé de s'en occuper, de lui faire la toilette, l'habiller aux occasions. Ce valet recevait la somme de 200 florins pour cette tâche.

Mesures de protection

Le Manneken Pis n'est pas classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, mais il a fait l'objet d'une protection dans le cadre des institutions belges puisqu'il est dans la liste des "biens classés", et ça depuis 1975.

En Belgique, un "bien classé" est un monument protégé, il s'agit d'un mécanisme similaire aux monuments historiques en France.

Dimensions, poids et coût

C'est dans cette partie que se trouve la surprise du Manneken Pis, car la plupart des personnes le découvrant pour la première fois font la même réflexion : "Oh qu'il est petit !".

Et oui, cette statue ne mesure que 55,5 cm, soit même pas deux feuilles A4 placées l'une au-dessus de l'autre. Elle parait quand même plus grande car elle est placée au sommet d'une structure en pierre, l'ensemble mis à l'abri derrière un ensemble de protection dont le sommet est en forme de coquille Saint-Jacques. Comme le fond du mur est simple, la statue ressort bien.

Son poids de de 17 Kg, ce qui est assez léger pour du bronze. Il faut dire qu'il est creux.

Le Manneken Pis a coûté à l'époque la somme de 50 florins du Rhin. Le florin était l'unité monétaire de l'Europe du XIIIe au XVe siècle. Il fut remplacé par les monnaies nationales au moment de la création des nations. Les Pays-Bas ont utilisé le florin comme monnaie nationale jusqu'à l'apparition de l'euro. Plus spécifiquement, le florin du Rhin ou florin rhénan était en usage essentiellement dans le Nord de l'Europe.


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